L’exposition consacrée au magazine américain Harper’s Bazaar organisée au musée des arts décoratifs présente un modèle iconique de chez Jeanne Lanvin : la robe Pénombre. Pour occuper quelques minutes de ce confinement, je vous propose de revenir sur l’histoire de ce modèle et de cette couturière emblématique de l’entre-deux-guerres.

Jeanne Lanvin nait à Paris en 1867. Dès l’âge de 13 ans elle commence à travailler chez une modiste de la capitale. Après un an passé en Espagne et l’installation d’un petit atelier parisien, elle ouvre sa boutique de modiste en 1889. En 1893, la maison Lanvin ouvre au 22 rue du Faubourg Saint-Honoré, où la maison de prêt-à-porter se trouve toujours aujourd’hui. En 1897 nait sa fille, Marguerite qui deviendra l’emblème du logotype de la maison dessiné par Paul Iribe et sera notamment apposé sur le parfum Arpège.

En 1909, Jeanne Lanvin s’inscrit au syndicat de la couture devenue Chambre syndicale en tant que couturière. 1920 annonce l’ouverture d’une décennie de diversification pour la maison Lanvin notamment car Jeanne ouvre un département décoration d’intérieur avec Armand-Albert Rateau et lance son premier parfum. C’est aussi la décennie de la collaboration avec Louis Jouvet et de sa promotion en tant que chevalier de la légion d’honneur.

                La robe Pénombre présentée dans l’exposition est issue de la collection Printemps-été 1929.

La robe est bicolore noire et blanche et couverte sur le devant de broderies de sequins dessinant un motif géométrique de triangles.

La broderie est une des techniques phares de la maison Lanvin qui a ses propres ateliers. Dès 1921 le répertoire des broderies Lanvin s’enrichit de motifs géométriques : cercles, losanges, triangles… Les formes sont au cœur des tendances artistiques de l’époque après le cubisme et notamment véhiculées par les artistes de l’art abstrait dans les années 1920. Les broderies sont faites à la main ou à la machine et sont utilisées dans les collections femme ou encore enfant. Sur la robe Pénombre les broderies viennent enrichir le jeu visuel de la combinaison bicolore et refléter la lumière ce qui s’accorde tout à fait avec une tenue du soir. Comme souvent chez Jeanne Lanvin, le motif est en plus disposé suivant une diagonale : ici celle de la silhouette hanchée.

Dessin de collection de Jeanne Lanvin
Robe Pénombre
Printemps-été 1929
Gouache sur papier
Collection Lanvin Patrimoine ©DR

La combinaison noir et blanc était une des associations de couleurs iconiques de la griffe Lanvin depuis les débuts et dans les années 1920 elle trouve sa place dans de nombreuses pièces comme la robe Orphée (1928) ou encore la robe Concerto (1934).

J’espère que vous aurez très bientôt l’occasion de découvrir ou de revoir cette exposition. Je prévois de la présenter notamment dans le cadre des « Nocturnes Mode With’art » alors n’hésitez pas à regarder le programme pour en savoir plus sur l’organisation d’une visite guidée quand le confinement sera terminé.

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