IMG_5814.JPG

Dès le XIIIe siècle, le Marais est le lieu de vie principale de la communauté juive à Paris.

En 1393, les Juifs sont expulsés hors de Paris, sous l’ordre de Charles VI.

Il faudra attendre quatre siècles et le décret d’émancipation des juifs de France en 1790 pour voir une communauté juive s’installer de nouveau à Paris, toujours dans ce quartier du Marais, dans la zone très réduite par les quelques rues que sont celles de la Rue des Rosiers, la rue des Francs Bourgeois et la rue du Roi de Sicile.

Entre le début des années 1880 jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale, c’est environ 110 000 Juifs yiddishophones qui arrivent en France, fuyant les persécutions de l’Europe de l’Est (vague de pogroms de 1881 à 1884).

Même après la Seconde Guerre Mondiale, le Marais reste la zone privilégiée de vie des Juifs.

Durant des décennies donc, le Marais baigne dans la riche culture juive.

Aujourd’hui encore, le « Marais juif » reste bien entendu marqué par cette culture et ses traditions, de nombreux juifs continuent à y vivre, le considerant souvent comme un précieux héritage.

Pourtant, dans un Marais en pleine transformation, se côtoient de nos jours lieux symboliques et religieux de la culture juive et boutiques contemporaines.

Et on pourrait même dire… Se confondent !

Le Hammam Saint-Paul 

IMG_5818.JPG

Ce lieu culte connaît un premier chamboulement en 1991, lorsque son intérieur est détruit pour que la marque Chevignon puisse y installer un mégastore. A l’époque, l’ensemble du quartier se mobilise et organise le boycott de la marque. Chevignon ferme très rapidement.

S’y installe par la suite un restaurant Kasher, le Hammam Café. Mais en 2000, l’endroit vient encore être soudoyé : Mc Donalds propose de s’y installer et d’y créer son premier son premier fast-food kasher (après Israël). Encore une fois, une résistance est organisée par les habitants du quartier. Jo Goldenberg, président de l’association des commerçants du Pletzl, recueille 850 signatures sur sa pétition. Jamais ne seront dégustés des hamburgers dans ce lieu chargé d’histoire et symbolique du quartier.

Pourtant, aujourd’hui, vous pourrez y dégoter votre nouvelle robe ou veste si vous le souhaitez. En effet, c’est Cos, l’enseigne du groupe H&M, qui y est installée…

Le restaurant Goldenberg

IMG_5811.JPG

Le restaurant Goldenberg a lui fermé en 2007 pour être transformé par la suite en boutique de vêtements de la marque « Temps des Cerises ».

Pourtant, ce restaurant-épicerie est lui aussi chargé d’histoire.

Le 9 août 1982, il est cible d’un attentat dont les coupables n’ont jamais été identifiés. L’attaque fait 6 morts. Aujourd’hui, mise à part la discrète plaque commémorative qui se confond avec l’enseigne de la marque, plus rien ne rappelle ce sombre événement…

IMG_5820.JPG

IMG_5828.JPG

La libraire Rue des Hospitalières Saint-Gervais

Cette libraire, située au 12 Rue des Hospitalières Saint-Gervais, a elle aussi une histoire particulière, chargée de sens. Elle resta pendant longtemps une libraire de référence en termes d’ouvrages hébraïques et judaïques, avec une collection très importante. Pour la petite anecdote, durant la Seconde Guerre Mondiale, au moment des déportations, l’endroit est resté entièrement intact, sans que le moindre livre n’ait bougé à l’intérieur. En effet, les nazis avaient pour habitude de piller les richesses mais ces ouvrages hébraïques ne les intéressaient pas. Ainsi, après la guerre, elle fut un des seuls endroits à avoir été épargné dans le Marais juif.

Aujourd’hui, c’est Nike qui a investi l’endroit, faisant disparaître définitivement cette libraire, dont il ne reste plus que la devanture.

 

IMG_5847.JPG

Dans la même veine, une des plus petites synagogues de Paris, qui était collée à la Fondation Roger Fleischman, a été remplacé récemment par… une pizzeria casher !

 Face à la disparition de ces hauts lieux symboliques, de ces épiceries cashers et libraires religieuses remplacés par des chaines de prêts à porter et des bars branchés, beaucoup déplorent la perte de l’atmosphère authentique du quartier et de son essence.

On peut cependant penser que dans l’avenir, les habitants du quartier et les différentes associations locales continueront à se battre, comme ils l’ont fait auparavant, pour préserver l’âme de ce quartier si riche en histoire et traditions.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *