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Aujourd’hui, nous allons nous attarder sur une œuvre d’Édouard Manet, Le Balcon conservée au musée d’Orsay.

Manet avait un destin tout tracé par ses parents qui le destinait à entrer dans la marine. Pourtant après une première expérience, il se consacre à la peinture et fait le tour de l’Europe afin d’observer les grands maîtres de la peinture notamment en Espagne où il s’arrête devant les œuvres de Vélasquez et de Goya.

Le Balcon est présenté au Salon des Beaux Arts en 1869 et ne reçoit pas de bonnes critiques. Manet y est habitué avec plusieurs précédents refus au Salon et deux scandales ; Olympia et Déjeuner sur l’herbe exposés au Salon des Refusés (Salon créé pour les artistes dont les œuvres n’étaient pas considérées comme académiques).

En observant le tableau Le Balcon, nous ne pouvons nier une ressemblance avec le tableau de Goya Majas al balcón (1808-1814).

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Premièrement, la ressemblance est visible au niveau de la scène qui est une scène de vie ; Manet reprit les coutumes de Goya en peignant des scènes de vie, ici de la vie bourgeoise. Dans les deux tableaux, les personnages sont au nombre de quatre et leur disposition et attitude sont similaires. Manet a peint dans son tableau trois de ses amis, la femme accoudée au balcon se nomme Berthe Morisot et épousera plus tard le frère de Manet, celle qui réajuste ses gants est Fanny Claus, violoniste qui se mariera avec un ami du peintre, l’homme entre les deux femmes est le peintre Antoine Guillemet. Dans la pénombre, un jeune homme en retrait s’occupe du service. La lumière semble être la barrière entre les deux classes sociales dépeintes ici, les trois personnages baignent dans la lumière notamment avec leurs vêtements blancs qui illuminent la toile, le serviteur est à peine remarquable dans le fond de la pièce. Manet introduit une perspective par la présence du jeune homme dans la pénombre et donne par la même occasion un plus de vie à la scène. Les personnages semblent dans leurs pensées, une certaine mélancolie émane du tableau qui semble être accentuée par le blanc qui habille les personnages. Le vert permet une touche de couleur mais il n’est point criard ce qui adoucit le tableau. La hauteur de l’œuvre permet au spectateur de se confronter à ces trois personnages dont seul un semble nous inviter à participer, c’est la violoniste Fanny Claus qui semble nous regarder, pourtant le balcon fait office de frontière entre les personnages et les spectateurs. Manet, sommes-nous donc invités à prendre le thé ?