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Fresque Rue des Maronites

Le pseudonyme d’Hopare cache en réalité un jeune homme (né en 1989), Alexandre Monteiro. Il a grandi à Limours en région parisienne et très récemment, il a vendu une de ses huile et encre sur toile, Pérou, au prix de 22800 euros, lors d’une vente aux enchères chez Artcurial. Hopare commence donc à faire partie des artistes reconnus, de cette nouvelle génération de jeunes « street artistes[1] » qui montent et vendent aussi des œuvres en galeries. Les supports sont d’ailleurs variés : du mur de la rue des Maronites par exemple, en passant par la toile et le collage, jusqu’à la décoration d’intérieur et l’impression textile.

Le travail d’Hopare tourne souvent autour de portraits, bariolés de couleurs et divisés par des lignes parallèles ou entrecroisées, lignes dont il parle comme du « diamant parfait ». A travers elles et les formes aigues qu’elles créent, son travail mêle ainsi l’abstraction au motif figuratif du portrait. On repère les caractéristiques du graffiti (qu’il a pratiqué lorsqu’il était adolescent) dans ces couleurs franches et dans ces segments créant les visages qui se dessinent au fur et à mesure que l’on se rapproche de l’œuvre. Les influences d’Hopare sont multiples : l’impression de mouvement, héritée du futurisme italien d’artistes comme Marinetti ou Balla ou encore l’artiste plasticien et street Shaka dont on retrouve les visages bardés de lignes et de couleurs.

Les thèmes abordés sont très vastes et universels, pas forcément liés à une forme de revendication particulière ou de dénonciation, comme c’est souvent le cas dans le monde du graffiti. Largement ce sont le mouvement et le rapport de l’homme à l’urbain qui sont évoqués, inspirés d’observations dans le métro ou dans des soirées, de visages ou de décors dessinés.

Il découvre le graffiti dans une usine désaffectée de Limours, « à l’âge de 13 ou 14 ans », selon ses propres mots. Son professeur d’art plastique suit ses élèves jusqu’à ce lieu propice à l’art de rue. Il n’est autre que Shaka justement, aka Marchal Mithouard. Un jour, après avoir écopé de 3000 euros d’amende pour avoir peint sur un mur sans autorisation, il doit effectuer des travaux d’intérêt généraux comme initier les handicapés au graffiti. Puis la ville de Limours décide de reconnaitre son talent en organisant une exposition d’œuvres sur toile dont il vend à cette occasion presque tous les numéros présentés. Malgré son succès grandissant, Hopare continue à pratiquer le graffiti de manière illégale, pour retrouver cette adrénaline du travail rapide et caché, car « si tout devient légal cela n’aura plus le charme du jeu du chat et de la souris avec la police ».

Touchons aussi un mot sur son blaze (pseudonyme), trouvé un peu au hasard et permettant de fournir une « belle calligraphie ». C’est en réalité la recherche de ce nom qui a défini ce style très graphique, alliant le mouvement du cercle et les lignes fortes. A l’image de la création de ce nom, son travail est le résultat d’une réflexion mais aussi le fruit de beaucoup de spontanéité, afin de susciter l’émotion et l’apaisement du spectateur. Il « arrive devant le mur et freestyle devant », puis corrige les éléments pour un effet harmonieux, même si selon lui son travail n’est jamais parfaitement réussi : il peut toujours être amélioré. La base, faite de dessins et de photos, évolue donc au fur et à mesure de la réalisation pour éviter le côté « lisse », trop léché pour cet artiste qui revendique le fait de ne pas avoir fait d’école d’art et d’avoir été formé par les artistes de la rue, simplement en regardant ce qu’ils faisaient.

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Collage rue des Blancs-Manteaux

Il y a deux œuvres que j’admire particulièrement dans Paris, l’une est une œuvre « sauvage » : c’est un collage qui se trouve rue des Blancs-Manteaux (le Marais) et je vous invite à très vite aller le voir avant qu’il ne soit déchiré ou enlevé. L’autre est un mur peint qui répondait à une commande, rue des Maronites (Ménilmontant). Très bientôt, Paris sera dotée d’une autre œuvre dans le 2ème arrondissement, commandée par la Mairie elle-même, à la suite d’un vote ayant valorisé le projet de » 2014 « Les œuvres d’art investissent la rue ».

Site web : http://www.hopare.com

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Instagram : withart.paris

[1] J’emploie toujours ce mot avec beaucoup de précaution car il est répandu depuis plusieurs années mais il s’agit davantage d’un mot intentionnel que d’un mot employé par les artistes directement

The Street, Hopare’s Art Galery 

Behind the pseudonym of Hopare is a young man (born in 1989) by the name of Alexandre Monteiro. He grew up in Limours, just outside Paris, and very recently sold one of his oil and ink canvas paintings, Pérou, for 22800 euros during an auction at Artcurial. Hopare is starting to make a name for himself, part of a generation of young « street artists[1] »  that also create and sell works in galeries. His media of choice is very varied: from the wall of the rue des Maronites for exemple, to canvas and collage, and interior design and textile printing. 

Hopare’s work often revolves around portraits, filled with colours and divided by parallel or crossing lines, lines which the artist speaks of as « the perfect diamond ».  Through these lines and the acute forms that they create, his work therefore mixes abstraction with the figurative motif of portrait. We can see the characteristics of graffiti (that he enjoyed as a teenager) in the distinct colours, and in segments which create faces that become apparent the closer you get to the work. Hopare has many influences: the idea of movement, inherited from Italian futurism and artists such as Marinetti or Balla or the plastic and street artist Shaka where faces are wrapped in lines and colours. 

The themes chosen by the artist are extremely varied and universal, not necessarily linked to a particularclaim or political ideal, as is often the case in the world of graffiti. In general, it is movement and the relationship between man and the urban world which are depicted, inspired by observations from the metro or at parties, of faces or painted decorations. 

He discovered graffiti in an abandoned factory in Limours, according to him « at the age of 13 or 14 ». His Art teacher followed his students to this place which was so appropriate for street art. His teacher is none other than Shaka, aka Marchal Mithouard. One day, after having been fined 3000 euros for having painted on a wall without authorisation, he is required to do community service, including initiating handicapped people to graffiti. The town of Limours decided to recognise his talent by organising an exhibition of his works on canvas, where he sold almost all the pieces that were present. Despite his growing success, Hopare continues to practice street art illegally, to rediscover the adrenaline of working quickly and in secret, because « if it all becomes legal it would no longer have the excitement of a game of cat and mouse with the police »

It is also worth mentioning his pseudonym, which he came across somewhat by chance and which allowed him to have an« esthetically pleasing calligraphy ». In fact, it is the search for his name that defined his very graphic style, bringing together the movement of circles and very strong, well defined lines. As with the creation of his name, a lot of thought goes into the creation of his works, while at the same time being the result of a great deal of spontaneity, in order to spark emotion and appeasement with the spectator. He « arrives in front of the wall and freestyles », then corrects certain aspects to create a harmonious effect, even if according to him his work is never perfect: it can always be improved. The base, made up of drawings and photos, therefore evolves as it is been created to avoid it being too sleek, too refined, for an artist that is proud of not having gone to an art school and of being trained by artists in the street, simply by watching what they were doing.

There are two work that I particularly admire in Paris, one is a unauthorised work : a collage in the rue des Blancs-Manteaux (in the Marais) and I urge you to go and see it soon before it is torn or taken down. The other is a painted wall which was commissioned, rue des Maronites (Ménilmontant). Soon, Paris will have another work in the 2nd arrondissement, commissioned by the town hall, following a vote which promoted the 2014 project entitled « Works of Art invest in the street ».

[1] I use this term with caution, as even though it has been widespread for several years it is more or a general term rather than a word used by the artists themselves. 

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