IMG_3932Keith Haring, immense artiste américain des années 80, est connu pour l’esthétique faite de formes simples et enfantines qu’il a créée et qui est aujourd’hui facilement identifiable (formes synthétisées soulignées de noir, couleurs vives, le « «bébé radiant », silhouette récurrente dans ses œuvres, symbole de l’innocence et d’énergie vitale…)

Dans tous ses travaux se ressent l’envie de rendre l’art accessible à tous : autant dans la forme de ses œuvres (formes simples et parlantes), que dans ses supports d’exposition, inhabituels pour l’époque : le métro (avec ses « subway drawings »), les murs de la ville, les lampadaires et des produits dérivés de son art qu’il commercialisa lui même.

Artiste engagé depuis son plus jeune âge, il milita ainsi pour un art accessible à tous mais également contre le racisme (notamment lors de l’Apartheid en Afrique du Sud), les atteintes à l’environnement, l’homophobie et le sida (dont il mourra en 1990).

C’est dans un endroit des plus surprenants que l’on peut croiser à Paris une œuvre de ce dernier : dans l’Eglise Saint-Eustache du quartier des Halles.

Si vous vous y rendez, vous allez effectivement pouvoir contempler son triptyque «  La vie du Christ », en bronze et recouvert d’une patine d’or blanc.

Ce dernier a été offert à l’Eglise par la Spirit Foundation, fondée à New York en 1978 par John Lennon et Yoko Ono.

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Sur le panneau central, vous pourrez observer le bébé rayonnant, figure iconique de l’art de Keith Haring, qui représente ici Jésus. On y retrouve par ailleurs tous les symboles habituels du travail de Keith Haring : le cœur, la croix…

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Un ange aux douze bras entoure Jésus. Au dessous de ce dernier, une foule toute entière est tournée vers l’être divin.

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Sur chaque panneau latéral, deux anges en plein mouvement survolent la foule.

Ce triptyque est, à l’image des œuvres de Keith Haring, simple et plein de dynamisme, que renforce la patine d’or blanc qui le fait briller et lui donne son caractère sacré.

La présence de cette œuvre dans une église n’a bien sur pas été sans controverse : premièrement, la vie de Keith Haring était loin d’être en adéquation avec les moeurs défendues par l’Eglise.

De plus, certains ont vu dans le triptyque de Keith Haring de nombreux symboles en lien avec sa vie personnelle et sexuelle : les bras représentent pour certains des phallus, les larmes des gouttes de sperme.

Mais, avant tout, ce triptyque représentait pour l’artiste qui se savait condamné du sida, un symbole universel d’espoir.

NB : Il existe 9 exemplaires de cette œuvre dans le monde, dont 3 dans des lieux religieux que sont Sainte-Eustache, la Grace Cathedral à San Franciso et la cathédrale Saint-John the Divine à New York.

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